¹ Cantique de David. Lorsqu’il était dans la caverne
² De ma voix je crie à Yahweh,
de ma voix j’implore Yahweh ;
³ je répands ma plainte en sa présence,
devant lui j’expose ma détresse.
⁴ Lorsqu’en moi mon esprit défaille,
toi tu connais mon sentier ;
tu sais que, dans la route où je marche,
ils me tendent des pièges.
⁵ Jette les yeux à ma droite et vois,
personne ne me reconnaît ;
tout refuge me fait défaut,
nul n’a souci de mon âme.
⁶ Je crie vers toi, Yahweh,
je dis : Tu es mon refuge,
mon partage sur la terre des vivants !
⁷ Prête l’oreille à ma plainte,
car je suis malheureux à l’excès ;
délivre-moi de ceux qui me poursuivent,
car ils sont plus forts que moi.
⁸ Tire mon âme de cette prison,
afin que je célèbre ton nom ;
les justes triompheront avec moi
de ce que tu m’auras fait du bien.
Crier depuis la caverne
Il y a des combats qu’on mène dos au mur, sans renfort et sans issue visible.
David écrit ce psaume au fond d’une grotte, pendant que Saül le traque pour le tuer. Je l’ai longtemps lu comme un beau texte ancien. Puis un jour, je l’ai lu depuis ma propre caverne, épuisée de me justifier, cernée par des regards qui m’accusaient. Et j’ai compris qu’il avait été écrit pour ce genre de nuit.
On croit souvent qu’il faut prier avec calme et de belles phrases. David, lui, crie. Il dit qu’il est à bout, que personne ne le reconnaît, que ses ennemis sont plus forts que lui. Rien n’est enjolivé.
Tu as le droit de venir à Dieu avec ta vraie voix, même cassée.
Ce verset 4 me relève chaque fois. Mon esprit peut défaillir, lui connaît le chemin. Je n’ai pas besoin de voir la route pour être gardée sur la route.
La caverne ressemble à une prison. Elle sent la pierre froide et la peur. Mais c’est là que Dieu a commencé à relever David, là que des hommes brisés sont venus le rejoindre. Ce qui avait l’air d’une tombe était un lieu de passage.
Si tu te sens seule face à ce qui te dépasse ce soir, prie ces mots lentement, verset après verset. Et si tu as besoin d’aller plus loin, lis aussi Comment prier quand on est seul face à un combat spirituel qui nous dépasse ?
Celui qui connaît ton sentier connaît aussi la sortie de ta caverne.
(Bible Crampon (1923), Psaume 142)



