Neuvaine à tous les saints

neuvaine à tous les saints

SOMMAIRE

Il y a des jours où la sainteté ressemble à un mot réservé aux autres. À ceux qui prient sans se distraire, qui pardonnent sans se débattre, qui ne tombent jamais. Moi, je ne m’y suis jamais reconnue.

J’ai longtemps regardé les saints comme on regarde des vitraux. De loin, avec respect, sans imaginer une seconde qu’ils aient pu saigner. Et puis j’ai lu leurs vies. Padre Pio, soupçonné et privé de célébrer la messe en public pendant des années. Faustine, incomprise dans son propre couvent. Thérèse, qui a traversé ses derniers mois dans une nuit si épaisse qu’elle ne voyait plus le ciel. Le curé d’Ars, qui peinait tant au séminaire qu’on a failli ne pas l’ordonner. Cléophas, qui marchait le dos tourné à Jérusalem, le cœur en miettes.

Les saints ne sont pas ceux qui ne sont jamais tombés. Ce sont ceux que Dieu a relevés, encore et encore, jusqu’à ce qu’ils deviennent lumière pour d’autres.

Cette neuvaine se prie traditionnellement du 23 octobre jusqu’à la veille de la Toussaint. Neuf jours, neuf visages, neuf compagnons de route qui ont connu la nuit avant toi. Tu ne viens pas les admirer. Tu viens leur demander de marcher à côté de toi.

« Puisque nous sommes environnés d’une si grande nuée de témoins, rejetons tout fardeau, et le péché qui nous enveloppe si facilement, et courons avec persévérance dans la carrière qui nous est ouverte. », Hébreux 12,1

Comment prier cette neuvaine ?

Pendant 9 jours consécutifs, prends un moment de calme. Commence par un signe de croix et la prière d’introduction, dans laquelle tu confies la grâce que tu portes dans ton cœur. Lis ensuite la prière du jour, lentement, sans chercher à aller au bout.

Termine par un Notre Père, une dizaine de chapelet et un Gloire au Père, puis la prière finale. Si une dizaine te semble trop lourde certains soirs, un seul Je vous salue Marie dit avec le cœur suffit. Si tu manques un jour, reprends là où tu t’es arrêtée. Les saints ne tiennent pas de registre. Ils attendent, comme on attend une sœur qui arrive en retard.

Le neuvième soir, la veille de la Toussaint, tu peux clore la neuvaine en priant la litanie des saints. Après neuf jours avec quelques visages, c’est toute la famille du ciel que tu appelles par son nom. Et si tu as déjà prié la neuvaine à l’Esprit Saint, tu retrouveras ici le même rythme, la même douceur, une autre porte.

Prière d'introduction à réciter chaque jour

Père, Fils et Saint-Esprit, je te rends grâce pour tous ceux et celles qui m’ont précédée sur le chemin. Pour les saints que l’Église a reconnus, et pour ceux qui vivent peut-être tout près de moi sans que je le sache. Ils n’étaient pas plus forts que moi. Ils étaient simplement dans ta main, et ils l’ont laissée les tenir.

Seigneur, leur histoire me rappelle que la sainteté n’est pas une performance. C’est ta grâce qui travaille dans des vies fragiles, blessées, ordinaires. Et si tu l’as fait pour eux, tu peux le faire pour moi.

Par leur intercession, je te confie aujourd’hui cette grâce (nomme-la à voix haute ou dans le silence de ton cœur). Je te la donne telle qu’elle est, avec mes peurs et mes impatiences. Ajuste ma prière à ta volonté, et donne-moi la paix de te laisser faire.

Saints et saintes de Dieu, priez pour nous.

Jour 1


Padre Pio, l’humilité de ceux qui n’ont plus rien à prouver

Padre Pio, toi qui as été soupçonné, surveillé, mis à l’écart par ceux-là mêmes qui auraient dû te soutenir, tu sais ce que c’est d’être mal compris. Tu as porté cette humiliation sans te durcir. Apprends-moi ce chemin.

Il y a en moi une part qui veut toujours se justifier, prouver qu’elle vaut quelque chose, qu’elle a raison, qu’elle mérite d’être aimée. Je suis fatiguée de cette part-là. Obtiens-moi l’humilité du cœur, celle des tout-petits de l’Évangile, à qui le Père révèle ce qu’il cache aux savants. Pas une humilité qui s’écrase, mais une humilité qui se repose.

Apprends-moi aussi à prier sans me lasser, même quand rien ne semble bouger. Toi qui disais de prier, d’espérer et de ne pas s’inquiéter, prête-moi un peu de ta paix. Et conduis-moi vers Marie, que tu aimais si tendrement, pour que je trouve en elle une mère.

Saints et Saintes de Dieu, priez pour nous.

1 Notre Père, 10 Je vous salue Marie, 1 Gloire au Père.

Jour 2


Sainte Faustine, la miséricorde qui commence par soi

Sainte Faustine, tu as été moquée, jugée, tenue pour une exaltée par tes propres sœurs. Et c’est à toi que Jésus a confié le message de sa miséricorde. Comme si Dieu choisissait toujours les cœurs qu’on a piétinés pour y verser ce qu’il a de plus doux.

Je veux devenir miséricordieuse, mais il y a des jours où je n’ai plus rien à donner. Ni gestes, ni paroles, ni même de la patience. Toi qui as appris les trois degrés de la miséricorde, rappelle-moi que si je ne peux pas agir, je peux parler. Et que si je ne peux même plus parler, je peux encore prier. Personne n’est jamais trop vide pour aimer un peu.

Et apprends-moi aussi à recevoir cette miséricorde pour moi-même. Je suis souvent plus dure avec moi qu’avec les autres. Avec toi, ce soir, je dis simplement ces mots que tu as reçus du Seigneur.

Jésus, j’ai confiance en toi.

Saints et Saintes de Dieu, priez pour nous.

1 Notre Père, 10 Je vous salue Marie, 1 Gloire au Père.

Jour 3


Saint Cléophas, quand on marche dans la mauvaise direction

Saint Cléophas, tu marchais vers Emmaüs le cœur brisé. Tout ce que tu avais espéré venait de mourir sur une croix. Tu t’éloignais de Jérusalem, et c’est précisément sur ce chemin de fuite que Jésus est venu marcher à côté de toi. Sans te reprocher de partir. Sans t’obliger à faire demi-tour.

Il y a des moments où moi aussi je m’éloigne. De l’Église, de la prière, de tout ce que je croyais. Je n’ai plus la force d’y croire, alors je marche ailleurs, la tête basse. Intercède pour moi, toi qui sais que le Seigneur rejoint ceux qui partent.

« Notre cœur ne brûlait-il pas au dedans de nous, lorsqu’il nous parlait en chemin et nous expliquait les Écritures ? », Luc 24,32

Ce verset me bouleverse. Le feu était déjà là, pendant la marche, avant même qu’ils le reconnaissent.

Ouvre mes yeux comme les tiens ont été ouverts à la fraction du pain. Que je reconnaisse le Christ dans les visages que je croise chaque jour, même ceux qui me fatiguent. Et je te confie tous ceux qui ne connaissent pas encore l’amour de Dieu. Qu’ils le rencontrent sur leur propre route, même à contresens.

Saints et Saintes de Dieu, priez pour nous.

1 Notre Père, 10 Je vous salue Marie, 1 Gloire au Père.

Jour 4


Saint Michel Archange, celui qui se tient debout quand je ne peux plus

Saint Michel Archange, tu n’as jamais combattu pour ta propre gloire. Ton nom même est une question, Qui est comme Dieu ? Et cette question suffit à faire reculer tout ce qui prétend être plus grand que Lui.

Il y a des combats que je mène seule depuis trop longtemps. Contre mes propres défauts, contre des pensées qui m’accusent la nuit, contre des influences qui me tirent vers le bas sans que je sache toujours les nommer. Je suis lasse de lutter. Viens à mon secours. Tiens-toi devant moi là où je n’ai plus la force de me tenir debout.

Je te confie aussi l’Église. Celle que j’aime et qui parfois m’a blessée. Celle qu’on critique, qui chancelle, qui se trompe aussi. Protège-la, éclaire ceux qui doutent en elle, et garde-moi dans l’humilité, la confiance et la fidélité.

Saints et Saintes de Dieu, priez pour nous.

1 Notre Père, 10 Je vous salue Marie, 1 Gloire au Père.

Jour 5


Sainte Thérèse, la confiance qui tient dans le noir

Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, tu appelais Dieu « Papa, le bon Dieu ». Et pourtant, à la fin de ta vie, tu as traversé une nuit où le ciel semblait fermé. Tu n’y voyais plus rien. Tu as continué d’aimer quand même, à l’aveugle.

C’est cette confiance-là que je te demande. Pas celle qui naît quand tout va bien, mais celle qui reste quand plus rien ne répond. Mon passé, mon présent, mon avenir, tout cela me fait peur certains soirs. Obtiens-moi la grâce de comprendre que tout repose en Dieu, même ce qui m’échappe.

Apprends-moi à redevenir enfant devant le Père. Pas une enfant qui doit mériter son amour, mais une enfant qui s’endort dans ses bras parce qu’elle sait qu’il ne partira pas. Je n’ai pas à m’accrocher. C’est Lui qui me tient. Et prie avec moi pour chaque famille, chaque personne, chaque pays qui manque cruellement d’amour.

Saints et Saintes de Dieu, priez pour nous.

1 Notre Père, 10 Je vous salue Marie, 1 Gloire au Père.

Jour 6


Saint Joseph, la paix dans les maisons fissurées

Saint Joseph, tu as protégé une famille dans l’exil, la précarité et l’incompréhension. Tu n’as laissé aucune parole dans l’Évangile. Seulement des actes, silencieux et fidèles.

Je te confie ma famille. Celle que j’ai, celle que j’aurais voulu avoir, celle qui s’est brisée. Il y a chez nous des silences lourds, des blessures anciennes, des portes qui ne s’ouvrent plus. Une maison peut tenir debout avec des fissures dans les murs, mais l’air y devient froid. Viens y rallumer quelque chose. Que la paix du Christ y entre, même par une fente.

Je te confie aussi ma communauté, mon Église, tous ceux avec qui je suis appelée à former un seul Corps. Réveille en moi le désir de l’unité, sans naïveté ni rancune. Et que ton regard plein de bonté me redonne l’espérance pour la mission que le Seigneur me confie, aussi petite soit-elle.

Saints et Saintes de Dieu, priez pour nous.

1 Notre Père, 10 Je vous salue Marie, 1 Gloire au Père.

Jour 7


Saint Jean-Marie Vianney, Dieu ne choisit pas les plus brillants

Saint curé d’Ars, on t’a presque refusé la prêtrise parce que tu n’arrivais pas à apprendre. On t’a envoyé dans un village dont personne ne voulait. Et c’est là que des foules sont venues de toute la France pour recevoir le pardon de Dieu à travers toi.

Tu connais les désirs de mon âme. Je voudrais mieux servir ce Dieu qui m’a déjà tant donné, mais je me sens souvent insuffisante, maladroite, en retard. Obtiens-moi plus de courage, et surtout plus de foi. Que mes pensées, mes paroles et mes actes cessent de tourner à vide et commencent à servir quelque chose de plus grand que moi.

Je te confie aussi les prêtres. Ceux qui portent avec fidélité, ceux qui sont épuisés, ceux qui ont blessé et ceux qui ont été blessés. Obtiens-leur un cœur ferme, capable d’accepter la volonté de Dieu, et rempli de sa tendresse pour ceux qui viennent à eux.

Saints et Saintes de Dieu, priez pour nous.

1 Notre Père, 10 Je vous salue Marie, 1 Gloire au Père.

Jour 8


Saint Jean, rester au pied de la croix quand les autres sont partis

Saint Jean, tu étais là quand presque tous avaient fui. Au pied de la croix, à côté de Marie, dans le pire moment de l’histoire. Tu n’avais rien à faire, rien à dire. Tu es simplement resté.

Apprends-moi à continuer de croire en l’Église malgré les tempêtes. Il y a des scandales qui m’ont fait mal, des paroles reçues en son nom qui m’ont éloignée, des visages qui m’ont déçue. Je ne veux pas faire semblant que tout va bien. Mais je ne veux pas non plus que ces blessures aient le dernier mot sur mon amour pour le Christ.

Toi qui as posé ta tête sur la poitrine de Jésus, mets en moi un amour vrai pour mon prochain. Pas un amour de façade, mais un amour qui se donne sans compter, qui sort de lui-même, qui guérit de l’égoïsme. Et toi qui as reçu Marie comme mère, conduis-moi jusqu’à elle.

Saints et Saintes de Dieu, priez pour nous.

1 Notre Père, 10 Je vous salue Marie, 1 Gloire au Père.

Jour 9


Notre-Dame du Oui, dire oui même en tremblant

Sainte Marie, ton Oui a changé la face du monde. Et pourtant, tu ne savais pas tout ce qu’il allait te coûter. Tu as dit oui à l’ange, puis oui à Bethléem, oui à l’exil, oui au pied de la croix. Un oui qui s’est renouvelé à chaque déchirure.

Au terme de ces neuf jours, je viens te remettre mon propre oui. Il est petit, il tremble, il est parfois mêlé de non. Prends-le quand même. Garde-moi humble, simple, abandonnée à l’Esprit Saint, dans la joie comme dans la peine. Et aide-moi à faire tout ce qu’il me dira, même quand je ne comprends pas.

Je te confie tous ceux qui se sont promis fidélité pour la vie, les époux heureux et ceux qui traversent la nuit. Toi qui es mère et servante, garde-nous fidèles au Seigneur jusqu’au bout. Et merci pour ces neuf jours. Merci pour tous ces frères et sœurs du ciel qui ont marché avec moi sans que je les voie.

Saints et Saintes de Dieu, priez pour nous.

1 Notre Père, 10 Je vous salue Marie, 1 Gloire au Père.

Prière finale à réciter chaque jour

“Saints et saintes de Dieu, vous qui avez connu la fatigue, le doute et la chute, intercédez pour moi auprès du Père. Je ne vous demande pas de me rendre parfaite. Je vous demande de m’aider à rester sur le chemin, à me relever quand je tombe, à laisser la grâce faire en moi ce que je ne peux pas faire seule.

Obtenez-moi la conversion du cœur et de la vie. Que la volonté de Dieu s’accomplisse en moi, doucement, à son rythme. Que chacun de vous, par ce qu’il a vécu, m’éclaire et me tienne compagnie. Je vous remercie, car je sais que je ne marche pas seule.

Amen.”

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La sainteté ne se fabrique pas

Et si je me sens trop loin de leur sainteté ?

Alors tu es exactement à la bonne place. Chacun des saints de cette neuvaine a commencé là où tu es. Dans le doute, l’échec, l’incompréhension, la fuite. Ce qui les a changés n’est pas leur volonté de fer. C’est une grâce reçue, accueillie, laissée libre de travailler. Paul l’avait compris bien avant eux.

« Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse. », 2 Corinthiens 12,9

Ce verset m’apaise. Il me dit que ma faiblesse n’est pas un obstacle pour Dieu. C’est l’endroit précis où il préfère agir.

Les saints ne sont pas des modèles à atteindre, ce sont des compagnons de route

On imagine souvent les saints comme une ligne d’arrivée inatteignable. Ils sont plutôt comme ces lampes qu’on laisse allumées le long d’un chemin de nuit. Elles ne font pas la marche à ta place. Mais elles te montrent où poser le pied, et elles te rappellent que d’autres sont déjà passés par là. Le chemin n’est pas plus court. Il est simplement moins seul.

C’est tout le sens de la litanie des saints. Nom après nom, martyrs, mères, docteurs, humbles veilleurs, tu entends que ta prière n’est jamais isolée. Ton souffle court est porté par celui d’une famille entière.

Continue de les appeler

La neuvaine s’arrête la veille de la Toussaint. Leur présence, non. Tu peux garder un de ces neuf visages près de toi pour les semaines qui viennent. Thérèse pour les nuits de doute, Faustine pour les jours où tu n’arrives pas à te pardonner, Saint Michel pour les combats qui t’écrasent, avec ses litanies quand le poids devient trop lourd. Et Marie, toujours, que tu peux retrouver dans la prière à Notre-Dame de Grâce. Un prénom murmuré suffit. Sainte Thérèse, prie pour moi. C’est une prière complète.

Tu ne sors pas de ces neuf jours plus parfaite. Tu en sors plus entourée.

Tu es vue. Tu es aimée. Et tu fais déjà partie de cette grande famille que Dieu appelle les siens.
Uriyah
psaume 46, dieu est parmi nous
Psaume 46, Dieu est parmi nous

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Psaume 70, Cri de détresse

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